C’était le 13 avril 2016, la loi visant à « renforcer la lutte contre le système prostitutionnel » était adoptée. 5 ans plus tard , elle divise toujours politiques et militants. Les associations de défense et d’accompagnement des travailleurs·euses du sexe (TDS) dénoncent la précarité et l’augmentation des violences. Avec nos invitées, pour ce dernier podcast de la saison pour « Penser Les Luttes », on va essayer de comprendre ce que ce texte a changé sur le terrain. On va aussi se pencher sur les initiatives et les luttes en cours pour une meilleure reconnaissance des TDS.

Nos invité.e.s :

Marie Rolland est travailleuse du sexe et présidente de la fédération Parapluie Rouge qui regroupe la plupart des associations de défense et de soutien des travailleurs et travailleuses du sexe.

Salomé Linglet est coordinatrice du programme Jasmine pour l’ONG Médecin du Monde. Il a pour but de combattre les violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe et propose notamment un site et une application smartphone de signalement des violences contre les TDS.


Adoptée en avril 2016, la loi visant à « renforcer la lutte contre le système prostitutionnel «  mettait fin, notamment, au délit de racolage. Le fait : par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d’autrui en vue de l’inciter à des relations sexuelles en échange d’une rémunération. Pendant des dizaines d’année ce délit fut la pierre angulaire de la répression des travailleuses et travailleurs du sexe. Autre mesure emblématique, la promesse d’un meilleur accompagnement pour les personnes souhaitant « sortir de la prostitution ».


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Avec ce changement de paradigme dans la répression de la prostitution, les TDS sont considérées comme des victimes qu’il faut protéger et les clients sont des délinquants qu’il faut punir. Les clients peuvent être condamnés à une amende pouvant aller jusqu’à 1 500 ou 3 750 euros en cas de récidive.

Cinq ans après, les associations sont toujours très divisées sur le sujet. D’un côté, les partisan.e.s d’une politique abolitionniste réclament une application plus stricte de la loi sur le terrain. De l’autres, des associations et collectifs dénoncent un objectif irréaliste et demandent une légalisation du travail sexuel avec un cadre juridique précis pour les travailleuses et travailleurs du sexe.

Aujourd’hui dans Penser Les Luttes, on ne vous propose pas de refaire ce débat entre abolition et encadrement mais bien de faire un point concret sur la situation des travailleuses et travailleurs du sexe en France.

Une émission présentée par Martin Bodrero et Elin Casse. Réalisation : Martin Bodrero. Production : Esther Laudet et Elin Casse

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