Elles sont l’un des symboles de la mobilisation contre la réforme des retraites. Depuis le début du mouvement, de multiples caisses de grèves ont collecté plusieurs centaines de milliers d’euros pour aider les grévistes à tenir financièrement. Ce succès permet-il de tenir dans la durée ?  Est-ce l’instrument d’une grève par procuration ? 

Fin décembre, la caisse de grève en ligne du syndicat Info’Com CGT en solidarité avec les salarié·es en grève contre le projet de réforme des retraites dépassait le million d’euros, créant la sensation et faisant l’objet de nombreux articles de presse. Au delà de l’aide matérielle que cette caisse offrira aux salarié·es grévistes, il faut appréhender la fonction symbolique et politique d’une telle initiative. La caisse de grève remplit donc deux fonctions : elle offre d’abord une aide matérielle direct aux salarié.es en lutte. Elle permet aussi, dans un second temps, de cristalliser et d’incarner le soutien populaire au mouvement de grève.

Stream reconductible
L’équipe du « Stream Reconductible », l’initiative a permis de récolter plus de 100 000 euros pour soutenir la caisse de grève mis en place par le syndicat Info’Com CGT. Photographie : capture d’écran.

L’argent, nerf de la lutte syndicale ?

Depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites, le compte twitter @caissesdegreve publie chaque jour sur son compte une liste actualisée des cagnottes avec les sommes récoltées. Il avance pour ce vendredi 14 février le chiffre de 375 cagnottes rassemblant 5 515 320 € provenant de 78 043 participant·es. Le 19 janvier, le secrétaire général de la CGT Info’Com, Romain Altmann indique que son syndicat a décidé de vider sa « caisse de grève » au profit des grévistes dont les salaires ont été sérieusement amputés depuis le début du mouvement. La collecte a permis de mobiliser 2,5 millions d’euros.

Alors, les caisses de grève, ça vient d’où finalement ? Des premières sociétés de secours mutuel au Stream Reconductible ce moyen d’action s’est renouvelé et a été sujet à de nombreux débats sur le fond de l’idée d’une telle caisse de solidarité, mais aussi sur la forme et la répartition de l’argent récolté. 

Nos invité.es :

  • Marianne Ravaud, secrétaire générale adjointe CGT InfoCom, coordinatrice d’une caisse de grève intersyndicale
  • Gabriel Rosenman, ancien cheminot syndiqué à SUD Rail et doctorant à l’EHESS préparant une thèse sur l’histoire des caisses de grève
  • Tiziri Kandi, animatrice syndicale CGT-HPE
  • Claude Levy, secrétaire national CGT-HPE

Une émission animée par Tristan Goldbronn. Co-animation : Quentin Gonot. Chronique : Pierre-Louis Colin. Réalisation : Etienne Gratiannette. Production : Alix Douart. Montage et mixage : Martin Bodrero. Photo de Une : Tim Buisson.

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