Ce vendredi 22 février 2019, la seconde mobilisation étudiante et lycéenne française dans le cadre du mouvement international de la jeunesse pour le climat a mobilisé plusieurs milliers de personnes à Paris. Un mouvement initié par la militante suédoise âgée de 16 ans Greta Thunberg, présente dans la capitale pour l’événement. Objectif :  mobiliser les jeunes avec, en ligne de mire, une grande marche internationale prévue le 15 mars prochain.

Il est 7h30 devant le lycée Maximilien Perret à Alfortville dans le Val-de-Marne. Malgré le froid matinal, Idriss, jeune militant écolo en première année à l’IGPN (institut pour la gestion et la protection de la nature) s’apprête à intervenir dans une classe de seconde. Il est accompagné de Jean-François, professeur d’EPS et membre de l’association Global Reporters. Ils vont parler aux élèves des « vendredis pour le futur » : la grève des lycéens et des étudiants chaque vendredi pour lutter contre le réchauffement climatique. Quarante-cinq minutes plus tard, c’est un militant « très satisfait » de son intervention auprès des jeunes qui sort du lycée. « J’ai pu leur parler du réchauffement climatique » annonce Idriss avant d’ajouter « il faut qu’ils se mobilisent pour défendre leurs droits ».

Un mouvement « qui commence à prendre » en France

Cet élan de mobilisation de la jeunesse pour son « avenir » a commencé avec Greta Thunberg. Jeune suédoise de 16 ans, elle s’est d’abord fait connaitre, l’été dernier, en manifestant devant le Riksdag, le parlement suédois, avec le slogan « Skolstrejk för Klimatet », « Grève de l’école pour le climat ». Appelant à la grève scolaire, tous les jeunes « où qu’ils soient », elle interpellait les dirigeants mondiaux lors de son discours à la COP24 : « certains disent que nous devrions plutôt être à l’école mais pourquoi devrions-nous étudier pour un futur qui bientôt n’existera plus et quand personne ne fait rien pour sauver ce futur ? ».  Depuis cette prise de parole, de nombreux mouvements à l’échelle internationale ont eu lieu comme à Bruxelles où près de 35 000 jeunes se sont mobilisé·es pour les marches climat.

En France, la mobilisation du 22 Février a rassemblé plusieurs milliers d’étudiant·es et de lycéen·nes au départ de la place de l’Opéra à Paris. Une réussite après une première mobilisation timide, une semaine plus tôt. Benjamin Lemesle, chargé de mobilisation à Greenpeace estime que « le mouvement commence à prendre », les organisations de jeunesse, comme Youth for Climate, redoublant d’efforts pour mobiliser une « jeunesse de plus en plus inquiète » pour son avenir.

Ces derniers mois, l’inquiétude concernant le réchauffement climatique se fait de plus en plus vive. La pétition « l’Affaire du siècle » lancée, par quatre ONG (Oxfam, Greenpeace, Notre affaire à tous et Fondation pour la Nature et l’Homme) visant à attaquer l’Etat pour « inaction climatique » a réuni plus de deux millions de signatures. Un record ! « Vous nous tuez et vous le savez », « le climat n’attend pas », « prenez vos responsabilités pas notre avenir » pouvions nous lire sur les pancartes, ce vendredi, slogans identiques à la première grève. Appeler à la grève même scolaire reste une première pour le mouvement écologiste en France. C’est ce que note Benjamin Lemesle, alors que les rassemblements pour le climat se font de plus en plus fréquents : « il y a une mutation des formes d’engagement et des formes de mobilisation sur cette question climatique ».

Manifestation du 15 février des jeunes pour le climat : slogan. Crédit : SIKOUK Bessma pour Radio Parleur

«Déclarer l’état d’urgence écologique et social »

Devant le cortège, Pimprenelle, étudiante et militante détaille ses revendications « On veut qu’il y ait une allocution du Président de la République, de François de Rugy, du Premier ministre, peu importe, pour qu’ils admettent qu’il y a réellement un problème au niveau climatique, qu’il y a réellement des choses à faire et que pour l’instant rien n’a été fait, en tout cas rien de suffisant » affirme-t-elle avec fermeté, déterminée à faire réagir le gouvernement, avec les autres jeunes présents. Chaque semaine une revendication accompagne la mobilisation, « dans nos revendications de cette semaine on veut que l’Etat déclare l’état d’urgence écologique et sociale et qu’il s’engage à faire baisser, chaque année les émissions de gaz à effet de serre » indique Pimprenelle. Un appel de la Jeunesse, qui pour le moment n’a pas été entendu. Benjamin Lemesle rappelle que «  la dynamique est en train de se construire, il peut se passer beaucoup de choses d’ici le 15 mars, ça peut être très inspirant à la fois pour les autres facs en France et pour le milieu lycéen ».

A noter que cette grève scolaire du 15 mars s’insère au cœur d’un enchaînement de trois événements pour l’écologie. La veille, le jeudi 14 mars, les organisateur·trices de la pétition « l’Affaire du siècle » déposeront leur plainte contre l’Etat pour inaction climatique. A la suite, le samedi 16 mars, c’est une nouvelle marche climat qui défilera dans plusieurs villes de France.

Un reportage réalisé par Bessma Sikouk

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