Mercredi 5 décembre, au Lieu-Dit (Paris 20ème) se tenait le débat « Que peut encore le syndicalisme ? », organisé par la Revue Ballast. L’occasion de revenir sur les limites que rencontre le mouvement syndical en France depuis quelques années, ainsi que les perspectives et apprentissages que le mouvement des Gilets jaunes offre.

L’affaire est entendue : la France connaît un faible taux de syndicalisation – 11 % des travailleurs, en 2013. Les raisons avancées sont multiples : désindustrialisation, précarisation, discontinuité des parcours professionnels, montée du chômage, individualisation et mise au pas capitaliste des imaginaires. Mais les syndicats de transformation sociale n’en sont pas moins parvenus, ces dernières années, à mobiliser largement et à arracher, localement, d’importantes victoires au sein de secteurs précaires.

Comment lire historiquement la fameuse « crise des syndicats » ? La fin des « corps intermédiaires » dans la sphère du travail est-elle signée ? L’essor de la CFDT acte-t-il une régression vers un syndicalisme de « négociation » ou assiste-t-on à une recomposition plus générale des modes et des échelles de lutte ? Bref, que peut aujourd’hui le syndicalisme, tiraillé entre un monde du travail en mutation et des méthodes de lutte à repenser, voire à réinventer ? Le mouvement des Gilets jaunes amène tout particulièrement à réfléchir autour des stratégies employées et de leur efficacité.

Participant.e.s :

  • Marie-Hélène Bourlard, ancienne ouvrière syndicaliste CGT dans le textile et désormais militante à la CGT retraités.
  • Anasse Kazib, cheminot syndicaliste SUD Rail, très présent durant les derniers piquets de grève. Il dénonce la bureaucratisation des formations syndicales et défend le projet d’une SNCF gratuite.
  • Sophie Béroud, maître de conférence en sociologie des mobilisations à l’université de Lyon-II et auteure de « Sociologie politique du syndicalisme ».

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