Alors que le ministre de l’écologie, Nicolas Hulot vient d’annoncer sa démission d’un gouvernement qui n’est pas « à la hauteur » des enjeux climatiques, la société civile, elle, continue de se mobiliser. Ce vendredi 24 août 2018, les cyclistes du Tour Alternatiba ont fait étape à Grenoble pour l’Université d’été « solidaire et rebelle » des mouvements sociaux. Un voyage à vélo de 5 800 km jusqu’à Bayonne, du 9 juin au 6 octobre, afin de promouvoir les alternatives au dérèglement climatique. Radio Parleur les a accompagnés dans les rues de la capitale des Alpes.

Au coeur du parc Mistral, à deux pas de la mairie de Grenoble, ils sont plus d’une dizaine à descendre de vélo. Eux, c’est la « Team » : des cyclistes qui se relaient en pédalant, une semaine au minimum, pour accomplir le Tour Alternatiba à travers plus de 5800 kilomètres et près de 200 étapes. L’objectif : sensibiliser aux alternatives pour le climat. Partis de Paris le 9 juin dernier, les voilà à mi-parcours, toujours aussi remontés.

Vélorution et convergences

Pile à l’heure au rendez-vous avec l’Université d’Eté Solidaire et Rebelle des Mouvements Sociaux et Citoyens, le Tour Alternatiba organise une « vélorution » dans la ville. Un défilé festif à vélo auquel ont répondu environ 160 personnes. T-shirt, slogans, masques sur le nez et la bouche, autant d’appels aux citoyens à lutter avec eux contre le rythme effréné du réchauffement climatique. Au retour de la vélorution, au sein du Village Alternatiba, le slameur Kalune attendait les courageux sur scène pour interpréter l’hymne du Tour.

« Pas trop tard » pour agir

Après son concert, une conférence est co-animée par Pauline Boyer, porte-parole d’Alternatiba et Massa Kone de la Convergence Malienne contre l’Accaparement des Terres (CMAT), présent à l’Université d’Eté sur le thème « Climat, est-ce déjà trop tard ? ». Le Tour Alternatiba se nourrit des expériences de tous les villages dans lesquels il s’arrête « car de nombreuses solutions existent déjà, et qu’il n’y a plus qu’à les partager au plus grand nombre » estime Pauline Boyer. Le mouvement promeut des alternatives et de la résistance face au dérèglement climatique. Il lutte aussi contre le désespoir et le triste refrain du « il est déjà trop tard » en transportant dans ses sacoches des bonnes ondes et un gros réservoir de chansons.

Pauline Boyer et Massa Koné à la tribune du village Alternatiba Grenoble le 23 août 2018. Photo : Alternatiba Grenoble.

 « On peut amener l’État à se poser des questions »

Ceux qui ne verraient là qu’une mignonne initiative sont loin de la réalité : l’engagement est bien réel, la colère est transformée en actions non-violentes et l’agressivité est évacuée par les mollets. Déplorant l’absence d’investissement des personnalités politiques, le Tour Alternatiba continue de se rapprocher des citoyens en espérant convaincre chaque jour des personnes à utiliser le vélo, changer de banque, investir dans des initiatives locales, gérer ses déchets autrement…

« Si les changements sont massifs, on peut arriver à un point de bascule, faire que les collectivités territoriales, l’État ou les dirigeants d’entreprises se posent des questions » assure Fabienne, l’une des fondatrices d’Alternatiba Grenoble. Ce lundi 27 août, les cyclistes sont remontés sur leurs vélo. Encore plusieurs de milliers de kilomètres sont au programme avant un rendez-vous final à Bayonne, le 6 octobre, pour l’arrivée du Tour.

Reportage : Zoé Pérron.

Photographie de une : Sébastien Fauvel – Equinoxea.

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