De nouvelles images de l’occupation de Tolbiac ont fait leur apparition dans un court film-documentaire réalisé par deux lycéen.ne.s mobilisé.e.s. Très vite, ce film, créé dans le cadre de leur bac pour leur option CAV (cinéma audiovisuel), a rencontré un réel succès sur les réseaux sociaux. Radio Parleur est allée à la rencontre des deux jeunes lycéen.ne.s à l’origine du film Freed from Desire.

Autour d’un film d’étude, l’histoire d’un buzz imprévu

Collectif ICOR, c’est le nom intriguant que s’est donné ce jeune duo de cinéastes en herbe, composé d’une lycéenne et d’un lycéen de Paris. Etudiant dans le même lycée, le duo s’est créé dans la classe d’un cours optionnel commun entre cette lycéenne en L et ce lycéen en S. Pour l’épreuve de bac de cette option de cinéma audiovisuel, les élèves devaient produire en groupe un film de dix minutes maximum sur le sujet de leur choix. Un mois avant le rendu, le duo trouve leur sujet définitif de documentaire en se rendant à l’occupation du centre Pierre Mendès France de l’université Paris 1 : filmer ceux et celles qui font vivre ce lieu de mobilisation avec leurs voix comme ligne directrice du film. Peu de visages sont visibles dans le film par volonté de préserver l’anonymat des occupant.e.s, et pour ne pas mettre en avant des personnes plus que d’autres, cette fois-ci « pas de Cohn-Bendit » comme en 68. Mais « cette contrainte de sécurité est devenue un réel choix esthétique », assurent les auteurs. Un choix esthétique tourné vers les voix et les lieux, plus que sur les individus.

Lors de la présentation du film en classe, le jury, composé d’anciens élèves le sélectionne à l’issue d’un vote pour une projection prochaine à Beaubourg, lors d’un festival lycéen de cinéma. Le duo décide alors de publier leur film sur Youtube, puis sur les réseaux sociaux pour le montrer à leurs ami.e.s. Mais c’est finalement plusieurs centaines de personnes qui réagissent et relaient ce documentaire en trois actes. Un succès que le collectif ICOR n’avait pas imaginé possible et qui fait du bien à ceux et celles qui ont fait vivre cette occupation.

« La chanson Freed from Desire, c’est aujourd’hui une référence que les gens comprennent »

La résurgence de l’esthétique pop des années 90 n’a pas épargné le mouvement social de cette année. La chanson Freed from Desire de la chanteuse italienne Gala semble s’être imposée comme l’un des hymnes de manifestation et plus généralement du mouvement contre la Loi ORE. Tout le monde a déjà entendu ce tube de 1997 et en a gardé ce « nananana… » lancinant qui vous trotte dans la tête. Et c’est peut-être bien ce gimmick efficace qui a su accompagner toute une mobilisation. Le point de départ de cet engouement, c’est ce court instant filmé lors d’une manifestation parisienne le 22 mars où le cortège de tête danse, saute et chante sur l’air de Freed from Desire, comme la démonstration d’une façon festive de lutter contre les gaz lacrymogènes qui recouvrent l’air. La mélodie avait déjà parcouru les stades lors de la Coupe d’Europe de football en 2016 puis avait été entendue en 2017 dans une manifestation nantaise, avant de connaitre ce nouveau succès en 2018. La Commune Libre de Tolbiac, sur le site de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, n’y a pas échappé : la musique a plus d’une fois rebondi sur les gradins de la dalle lors des nuits d’occupation du lieu. C’est donc tout naturellement que cet hymne est devenu le titre du documentaire d’une dizaine de minutes sur cette occupation.

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