Samedi 14 avril, des milliers de personnes ont manifesté leur soutien à la Zad dans le chef-lieu de la Loire-Altantique, avant de se rendre le lendemain sur la Zone à Défendre de Notre-Dame-des-Landes pour répondre à l’appel à soutien lancé par les occupants. Objectif: rebâtir ce qui a été détruit les jours précédents. Un rassemblement pacifique émaillé par les affrontements entre gendarmes mobiles, toujours présents sur la zone, et les zadistes. Revivez les temps forts de ce week-end de mobilisation en faveur de la Zad avec le reportage de Tristan Goldbronn, qui a suivi les événements sur place.

La charpente du « Nouveau Gourbi » à Notre-Dame-des-Landes le 15 avril 2018. Photographie : Sylvain Lefeuvre pour Radio Parleur.

Se réunir pour résister et reconstruire

Pour rassembler tous leurs soutiens sur la Zad, les zadistes organisaient un grand pique-nique champêtre à Notre-Dame-des-Landes, ce dimanche 15 avril. Objectif : acheminer du matériel de reconstruction et rebâtir, suite l’intervention des gendarmes débutée le lundi 9 avril. La veille, lors d’une manifestation à quelques dizaines de kilomètres de là, des heurts parfois violents avaient opposés plusieurs milliers de soutiens des zadistes à la police à Nantes.

Difficile de dire, au début de cette journée, si le grand rassemblement pacifiste de soutien aux zadistes, qui devait réunir des milliers d’opposants, venu.e.s parfois avec leurs familles, allait pouvoir se tenir comme prévu. Autour de la zone et très tôt le matin, les gendarmes ont investi tous les lieux où ces milliers de personnes devaient justement se rassembler. Ils empêchent ceux qui sont venus avec des outils et du matériel de reconstruction d’accéder à la ZAD.

« L’État n’acceptera pas la réoccupation des sites évacués »

Faisant le point des expulsions entamées lundi, Édouard Philippe a déclaré que « l’ensemble des objectifs que nous nous étions assignés a été atteint : 29 squats (sur 96) ont été déconstruits et leurs occupants expulsés ». Place désormais aux opérations de déblaiement. « Elles vont prendre du temps après les expulsions mais elles vont être réalisées sérieusement et conformément au calendrier qui a été envisagé », s’est-il engagé. L’opération d’expulsion des occupants illégaux de la ZAD, mobilise jusqu’à 2 500 gendarmes et a débuté il y a plus d’une semaine.

« L’État n’acceptera pas la reconstruction ou la réoccupation des sites qui ont été évacués. Ceux qui se livreraient à des exactions de ce type, s’excluraient eux-mêmes de toute possibilité de régularisation », a martelé Édouard Philippe lors de sa visite surprise aux gendarmes en opération à Notre-Dame-des-Landes, deux jours avant le rassemblement de soutien. « Ladite possibilité de régularisation » serait ouverte jusqu’au 23 avril.

Un rassemblement sous tension

A Notre-Dame-des-Landes, des affrontements très violents ont éclaté vers 8h au niveau d’un lieu stratégique, le carrefour de « la Saulce » sur la D81, au coeur de la ZAD. Plusieurs dizaines de zadistes ont jeté des pierres sur la centaine de gendarmes présents qui ont répliqué avec des grenades lacrymogènes assourdissantes. Les heurts ont duré plusieurs heures jusqu’en début de soirée, avant que la gendarmerie ne se retire.

Trois personnes ont été condamnés lundi par le tribunal correctionnel de Nantes à des peine de 5 ou 6 mois de prison avec sursis pour «violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique ».

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